LES RITES FUNERAIRES 

 

 

La dépouille de Sa Majesté, était conduite après le trépas sur la rive ouest, au bord du Nil, là où œuvraient les embaumeurs qui devaient s'éloigner des villes à cause de leur besoin considérable d'eau, utilisée pour laver le corps des défunts. Après avoir été jugé par le tribunal des vivants, qui l'avait reconnu comme juste, pharaon était prêt pour la préparation de la transmutation de son corps mortel en corps de lumière et d'éternité.

 

Tout au long de l'embaumement, des prêtres et des pleureuses psalmodiaient et récitaient de nombreuses prières afin que le roi ne soit pas victime dans l'au-delà de l'attaque du vil serpent Apophis dévoreur d'âmes. Le coeur restait en place dans la dépouille (le défunt en avait besoin pour se présenter devant le tribunal d'Osiris afin d'effectuer la pesée du coeur ou alors remplacé par un scarabée en or et en pierres précieuses. Le corps et les viscères seront ensuite lavés avec du vin de palme, puis vient le début de la mise au natron du cadavre qui sera rempli intérieur et extérieur de natron afin d'engager le processus de momification des chaires. Il durera 40 jours. Pendant ce temps, les embaumeurs laveront le défunt au vin palme et le remettront à nouveau dans le natron . Quant aux viscères, après avoir étaient lavées, elles furent déshydratées, elles aussi, puis mises dans quatre vases canopes (vases funéraires)qui seront mis dans la demeure d'éternité du souverain afin que le corps soit réuni en totalité afin de pouvoir ressusciter.

 

Les yeux étaient enlevés et remplacés par des pierres précieuses. Le corps tout entier est enveloppé avec de nombreuses amulettes en or pendant que l'embaumeur en chef portait le masque d'Anubis tout en formulant de nombreuses incantations. Pour finir, le corps était recouvert d'un suaire et d'un masque mortuaire.

Comme à peu près toutes les religions, le culte des morts était très important dans la culture égyptienne. Lorsque l'heure du grand voyage était arrivée les 3 éléments composant l'être vivant se séparaient, le Kâ( la force vitale), le Bâ ( l'âme du défunt), et le corps ( l'enveloppe contenant le tout). Le Kâ et le Bâ une fois réunis dans la tombe donnaient le Akh (l'esprit du défunt). D'après les textes du livres des morts afin de pouvoir ressusciter, le défunt devait être réunit au complet, un seul obstacle à ça le corps. La destruction du cadavre ne permettait pas au Akh (Kâ+Bâ) de s'unir à nouveau au corps pour ce ressusciter en un être immortel. Seul la conservation de la dépouille permettait donc au défunt apparemment inerte, de ressusciter tout les matins au cotés du soleil (Râ).

Avant la fermeture du tombeau, il fallait rendre vie à la momie. Pour cela un prêtre officiait à l'ouverture de la bouche, des yeux, des oreilles, du nez et de la conscience. A l'aide de l'Adze (l'herminette sacré des prêtres), on touchait les points vitaux afin de les remettre en fonction. La momie quittait donc magiquement l'inertie apparente, premier pas vers l'immoralité. Sans cette pratique rituel la momie resterait objet, et ne pourrait donc pas recevoir le Kâ et le Bâ pour l'ultime triomphe de la vie éternelle sur la mort.

 

De toutes ces parties, le Kâ était sans doute le plus important, afin de lui permettre de retrouver son corps, tout étaient préparés afin de lui faciliter la tache, tout d'abord par la momification et la sauvegarde des traits de l'être disparu, ensuite par le matériel funéraire l'accompagnant dans l'au-delà :

La momie : Corps désormais imputrescible et totalement immortalisé tel Osiris. 

Les vases canopes : Contenant les viscères du défunt, les quatre vases étaient la représentation des 4 fils d'Horus, Amset au visage humain protégeait le foie, Qebehsenouf à la tête de faucon conservait les intestins, Hapi à la tête de babouin préservait les poumons et Douamoutef à la tête de chacal gardait l'estomac.

 

La statue du défunt : Essentielle, elle incarne l'être et permet au Kâ de s'incarner en elle si il ne viendrait pas à reconnaître l'identité du défunt en la momie.

 

Le masque mortuaire : Représentation du visage de la momie, afin de faciliter au Kâ de retrouver son enveloppe corporelle.

Le sarcophage : Il était conçu à l'image de la personne vivante et recouvert de cartouche contenant son nom afin que le Kâ le reconnaisse.

 

Le tombeau : Une porte était prévue afin de permettre au Kâ de pouvoir rentrer dans le tombeau, elle n'était pas réelle mais spirituelle, dessinée ou sculptée dans la parois, elle était entourée de formules magique afin que nul autres esprits ou démons ne puissent franchir l'entrée. Le matériel funéraire : Tout étaient prévus pour que le défunt ne manque de rien dans la vie nouvelle l'attendant, nourritures momifiés, statuettes protectrices, encens ,périodes de l'existence humaine représentées sur les parois du tombeau, lits funéraires et mobiliers, chars, vêtements, tous ce qui permettaient de vivre dans l'au-delà.

 

       

 

Le livre de la sortie du jour, livre des morts :  de nombreux passages étaient gravés sur les murs, mais aussi notés sur des papyrus déposés sur la momie du défunt. Véritable protection magique contre le dieu des ténèbres Apophis, ainsi que contre toutes créatures maléfiques ou mauvais génies voulant la destruction et la damnation de l'âme.

 

 

La célébration du Kâ : Après les funérailles la famille ou un prêtre venait vénérer la mémoire des ancêtres au pied du tombeau, et faisaient des offrandes au défunt afin qu'il puisse survivre lors de son voyage sur la barque solaire à travers les ténèbres de la mort, et à son arrivée dans le "Douat" (le monde des dieux).

La durée nécessaire à la momification était de 70 jours, symboliquement comparée au cycle de disparition et de réapparition du ciel de l'étoile Sothis, accomplissant le passage de la mort à la résurrection.

 

Il ne faut pas oublier que pour les croyances anciennes, la plus importante était pour le défunt, que l'on n'oublie pas son nom. C'est pour cela que beaucoup de grands souverains ont inscrit leurs noms un peu partout sur leurs monuments, voir même sur les monuments de leurs prédécesseurs. L'oublie était la pires des damnations pouvant être appliquée au défunt, lorsqu'un égyptien était condamné par la justice à voir son nom disparaître ainsi qu'a ne pouvoir bénéficier d'aucune transformation après son décès, jetait un maléfice sur lui et toute sa famille, qui pendant plusieurs générations seraient condamnées par les dieux à subir de nombreuses épreuves afin de ce faire pardonner pour la déchéance d'un des leurs. D'où la peur d'être en dehors de la règle de Maât qu'il s'appliquait à respecter le plus loyalement possible.

A l'entrée du tombeau, le prêtre procède au rite de l'ouverture de la bouche. Ceci dans le but de rendre au défunt l'usage de ses organes. Pour ce faire, le prêtre récite des paroles magiques tout en touchant la bouche, les yeux, le nez et les oreilles du défunt. Ce rite permettait à la momie de boire et manger dans l'au-delà. C’est Harsiesis (forme d'Horus) qui a exécuté le premier le rite de l’"ouverture de la bouche" sur le pharaon mort.