CONTES ET LEGENDES DES PHARAONS

 

 

AMON ET LE PRINCE THOUTMOSIS

Les dieux et les humains peuvent correspondre, et les dieux préciser leur volonté : ordre à exécuter, ou choix à respecter. Ils s'expriment dans les oracles, transmettent leur réflexion par l'envoi de songes, adressent des signes dont les symboles sont clairs, pour tous ou pour les initiés seulement. Autant de moyens encore d'assurer une succession royale, difficile ou contestable, en lui conférant un caractère sacré

Thoutmosis III dit : « Je suis  fils d'Amon ; il a ordonné que je demeure sur son trône alors que j'étais encore un petit en son nid " ; il m'a engendré de la semence de son désir... Enfant, dans le temple de sa ville, tandis que je n'avais pas encore été établi en qualité de serviteur du Dieu, j'avais la forme et l'apparence du Pilier de sa mère, semblable à l'enfant Horus dans Khemmis. Un jour, je me tenais debout dans la partie septentrionale de la Salle Verte ; Amon mettait le ciel en fête à cause de sa beauté, il recevait de grandes merveilles, tandis que ses rayons étaient dans les yeux des hommes comme la sortie de Horakhty. Le peuple lui donnait des louanges et des acclamations... Alors Sa Majesté fit brûler pour lui de l'encens, en même temps qu'elle lui présentait d'importantes offrandes consistant en boeufs, veaux et petits animaux des déserts... Amon  parcourait la Salle Verte sur ses deux côtés, et le coeur de ceux qui étaient en avant de lui ne comprenait pas ce qu'il faisait, tandis qu'il recherchait Ma Majesté en tout lieu. Soudain, il me reconnut ; il fit halte. Je me prosternai devant lui, m'étendant sur le sol, tandis que mes bras se courbaient en sa présence. Il me plaça ensuite devant Sa Majesté, tandis que je me tenais à la Place du Seigneur " , et il accomplit à mon intention des choses merveilleuses... Voici qu'il ouvre pour moi les portes du ciel, qu'il déploie pour moi les deux battants de l ?horizon ; je m'envole vers le ciel comme un faucon divin, je contemple sa forme mystérieuse qui réside dans la Région Supérieure, et j'adore sa majesté...

J'ai vu les devenirs du dieu des deux horizons sur ses chemins secrets dans le ciel. Rê lui-même m'a établi ; je fus élevé en dignité grâce aux couronnes qui sont sur sa tête, son Uræus unique étant fixé sur mon front... je fus pourvu de tout son rayonnement et nourri à satiété de la sagesse des dieux, tel l'Horus qui grandit dans la maison de son père Amon, enfin je fus totalement doté des dignités divines... Il fixa mes diadèmes, et sa propre titulature fut mise en place pour moi. Il plaça d'abord le faucon sur le serekh, il me rendit vigoureux tel un taureau puissant, et il fit que j'apparaisse dans Thèbes - en ce mien nom de Horus  - taureau puissant - qui apparaît dans Thèbes. Il fit que j'élève les Deux-Maîtresses et rendit ma royauté pérenne comme celle de Rê dans le ciel - en ce mien nom de. Les Deux Maîtresses - dont la royauté est durable comme celle de Rê dans le ciel. Il me façonna ensuite comme un faucon d'or, me donna sa puissance et sa vaillance, et me sacra au moyen de ses diadèmes - en ce mien nom de Horus d 'or, dont la force est puissante et les levers splendides. Il fit ensuite que j'apparaisse en roi de Haute et Basse Égypte et fixa mes devenirs comme ceux de Rê - en ce mien nom de Roi de Haute et Basse Egypte, Seigneur du Double Pays, Que soit stable le devenir de Rê. Je suis son fils, issu de lui, image façonnée à la ressemblance de celui qui préside à Heseret, il unit tous mes devenirs - en ce mien nom de Fils de Rê, Thoutmosis, uni-quant-au-devenir , vivant pour l'éternité et l'infinie durée...

Il fit en sorte que tous les pays étrangers viennent, courbés, à cause de la puissance de Ma Majesté, la crainte que j'inspire étant dans le coeur des Neuf Arcs, toutes les terres égyptiennes étant sous mes sandales. Il plaça la victoire en mes mains, afin que j'agrandisse les frontières de l'Égypte... Mon père Amon  fit cela à cause de la grandeur de mon amour pour lui ; et il fut joyeux à cause de moi plus qu'il ne l'avait été pour aucun autre roi ayant vécu dans le pays, depuis qu'il fut lié. Je suis son fils, le bien-aimé de Sa Majesté. »

 

HYMNE A AMENHOTEP fils de HAPOU

Que ton visage est beau, toi qui a été reproduit à l'image du dieu Tatenen en sa jeunesse.

Il s'associe à son Assemblée des dieux. Il t'a comblé de ses dons admirables.

Il t'a nommé comme Conseiller, il t'a élevé au titre de Gardien des Ecritures…

Il a fait de toi un Compagnon du dieu Thot (de l'Ecriture et de la sagesse)…

Il a souhaité que tu protèges les deux pays (d'Egypte) et les rende prospère,

Que tu éloignes les maladies et que tu te places à côté de l'âme cachée d'Amon ton père.

Ton Ka est un dieu, qui s'harmonise avec eux pour donner la vie et la santé à chacun :

Tu fécondes la stérile, tu libères l'homme prisonnier des mains de ses ennemis,

Tu connais les cœurs et sais ce qu'ils contiennent,

Tu agrandis la longévité, il n'y a pas de détresse pour toi…

Tu redonnes à la table où mangent les dieux antiques l'image des premiers temps …

Tu offres des sacrifices aux transfigurés et ils sont avec toi, Amenhotep, Fils de Hapou, scribe royal, et fils du Seigneur des naissances… Votre fils Bien aimé Tibère.

Le plus grand Prêtre-lecteur et scribe royal " Imhotep le Grand ", fils de Ptah, Magnifique en Image (comme Horus) sur les murs du temple, il comble les deux pays par ses apparitions, celui qui vivifie chaque Bâ, (âme humaine), grand en actions divines et en guérisons dans tous les pays, il vient vers celui qui l'appelle en chaque lieu…

Il se réveille ton beau visage, celui que le Dieu aime,

c'est avec ce regard que les dieux vivent en paix.

Cela ouvre tes yeux lumineux et quand clignent tes paupières,

quand tes yeux regardent, les deux pays s'illuminent. "

Ils se réveillent ton dos avec tes membres sublimes, confectionné par celui au Beau Visage

Ils se réveillent tes cuisses, avec tes os et tes pieds, à chaque place que tu aimes

Elles se réveillent les plantes de tes pieds avec leurs ongles…

Ils se réveillent tous à la fois tes membres en pleine santé

Elles se réveillent la couronne blanche et le bandeau frontal divin fait par Ptah

Elle se réveille la double couronne sur ta tête (et) les kas pour tous les pays

Elle se réveille ta double couronne avec les deux Uraeus qui te protègent ,

Elle se réveille la ferveur brûlante de tes yeux lorsque tu t'élèves à l'Ouest comme Rê.

 

 

MYTHE DE L'OEIL DU SOLEIL
Le Singe raconte une fable à Tefnou

Il arriva qu’un lion allait, cherchant l’homme. Et un petit rat apparut entre ses pattes, d’aspect bien faible et né depuis peu. Comme le lion allait le fouler aux pieds, le rat lui dit :

" Ne me foule pas aux pieds, ô Monseigneur Lion. Si tu me manges, tu ne seras pas rassasié et si tu me laisses partir, tu n’auras même plus envie de me manger. Si tu me donnes mon souffle en cadeau, moi, je te donnerai le tien une autre fois. Si tu m’épargnes et ne me détruis pas, je te ferai sortir de ta propre destruction et te ferai échapper à ton malheur. "

Le lion se rit du rat en disant :
"Qu’est-ce que tu feras finalement ?"

Mais celui-ci jura et dit :
" Je te ferai échapper au malheur quand, quelque mauvais jour, il s’abattra sur toi."

Le lion considéra ce qu’avait dit le rat comme une plaisanterie et pensa à part soi :
" Si je le mange, je ne serai pas rassasié, c’est vrai."
Et il le laissa partir.

Il advint qu’il y eut un chasseur qui plaça un piège pourvu d’un filet, après avoir creusé une fosse devant le lion. Le lion tomba dans la fosse et fut aux mains de l’homme. Il le plaça dans le filet, et il l’attacha avec des sangles sèches et le lia avec des sangles fraîches. Et ainsi il fut abandonné dans le désert et il était tout triste.

Quand vint la septième heure de la nuit, le Destin voulut que s’effectuât sa plaisanterie par les grandes paroles qu’avait prononcées le lion. Celui-là dit :
" Tu ne me reconnais pas ? Je sus le petit rat à qui tu as concédé le souffle en cadeau et je suis venu pour t’en donner aujourd’hui la récompense : je vais te sauver du malheur dans lequel tu es tombé. Car accomplir de bonnes actions est utile à celui qui les accomplit."

Et aussitôt le petit rat fit aller sa mâchoire sur les liens du lion. Il tailla les sangles sèches et rompit les sangles fraîches dont il était lié tant qu’il y en eut et fit sortir le lion de ses liens. Le rat se cacha dans sa crinière et il le transporta au désert ce jour-là.

 

 

HYMNES A AMON

Adorer Amon-Rê,

Le taureau qui réside à Héliopolis,

Le chef de toutes les divinités,

Dieu parfait et bien-aimé,

Qui donne vie à toute flamme comme à tout bétail.

Salut à toi,

Amon-Rê,

Seigneur des trônes du Double Pays,

Qui présides à Karnak,

Le taureau de sa mère, qui présides à ses champs,

Le dieuà la large foulée, qui présides à la Haute

Egypte, seigneur des Medjaiou et prince de Pount,

Grand dieu du ciel, l’ancien de la terre, maître de (...)

Hymne à Amon-Rê extrait d’un papyrus conservé au Musée du Caire et datant

d’Aménophis II,

Adorer Amon-Rê,

Le taureau qui réside à Héliopolis,

Le chef de toutes les divinités,

Dieu parfait et bien-aimé,

Qui donne vie à toute flamme comme à tout bétail.

Salut à toi,

Amon-Rê,

Seigneur des trônes du Double Pays,

Qui présides à Karnak,

Le taureau de sa mère, qui présides à ses champs,

Le dieuà la large foulée, qui présides à la Haute

Egypte, seigneur des Medjaiou et prince de Pount,

Grand dieu du ciel, l’ancien de la terre, maître de toutes choses.

Il est l’unique, il n’y en a pas d’autres à part lui,

taureau parfait de l’Ennéade, chef de tous les dieux,

Possesseur de la Vérité et de la Justice, père des

dieux, façonneur des hommes, créateur du petit bétail,

Maître de ce qui existe, créateur des plantes de vie et

des pâturages, qui fait vivre les troupeaux.

Puissance divine que Ptah a créée, bel adolescent

aimé, que les dieux ne cessent d’acclamer,

Auteur du monde inférieur et du monde supérieur,

Qui illumine le Double Pays tandis qu’il traverse le ciel en paix ;

Le roi de Haute et de Basse Egypte Rê,

Juste de voix, chef des deux terres, dont la vaillance est grande,

Un maître de prestige, un être éminent qui a fait la terre toute entière,

Et dont les conseils sont supérieurs à ceux des autres divinités.

Les dieux sont en liesse à cause de sa beauté,

Ne cessant d’exulter pour lui dans le Per-our tandis qu’il apparaît dans le

Per-neser nom du sanctuaire de purification de Basse Egypte.

Ils aiment son parfum lorsqu’il revient de Pount, prince des senteurs,

Qui descend au pays des Medjaiou ;

Le dieu au beau visage qui vient du pays divin.

Ils se précipitent à ses pieds après qu’ils ont reconnu Sa Majesté comme leur

maître : "Ô seigneur de la crainte, dont la terreur qu’il inspire est forte,

dont la gloire est grande, dieu aux levers puissants, que l’exultation soit pour

toi, qui as créé les divinités, qui as soulevé le ciel en repoussant la terre ;

vigilant et prospère, ô Min-Amon, maître du temps éternel, auteur du temps

infini, possesseur des louanges et des acclamations, qui présides à Karnak, dont les deux cornes sont fermés et beaux les visages ; possesseur de la grande couronne, aux deux hautes plumes... "

Salut à toi, ô Rê, possesseur de la Vérité et de la Justice. dont la chapelle

est cachée, le seigneur des dieux (Khepri, qui réside en sa barque et qui fait

venir les dieux à l’existence en émettant des paroles) Atoum, créateur des

hommes, qui choisit leurs formes et les fait vivre, qui distingue la peau de

l’un de celle de l’autre ; [dieu] qui écoute la prière de qui connaît

l’adversité, au coeur compatissant pour celui qui l’invoque, qui délivre le

craintif de l’audacieux, qui sépare l’affligé du malheur. [Il est le] possesseur

de la connaissance et les aliments naissent de sa parole. Le Nil vient selon son

désir, lui le maître de la douceur, qui grandement inspire l’amour. Il donne la

liberté d’aller à tous les hommes. Oeuvrant dans le

Nouou, il fit venir à l’existence les délices de la lumière ; les dieux se

réjouissent de sa beauté et vivent lorsqu’ils le voient. Ô Rê, vénéré dans

Karnak, [dieu] aux levers radieux dans le château du Benben, l’Héliopolitain,

seigneur de la fête de la Nouvelle Lune, pour qui l’on célèbre les six jours de

la fête du Dernier Quartier, souverain maître de tous les dieux, que l’on peut

contempler au coeur de l’horizon, le chef des hommes. Son nom est caché, plus  encore que ses naissances, en son nom d’Amon "le caché".

Salut à toi, qui résides en la paix, seigneur de la joie... Quand ton amour se

déploie à travers les deux terres, et que tes rayons illuminent les yeux, c’est

le bonheur des hommes. Lorsque tu brilles, (même) le petit bétail se pâme. Quand  tu étincelles, ton amour est dans le ciel du Sud et ta douceur dans le ciel du Nord. Ta beauté ravit les coeurs, et l’amour de toi rend les bras sans force ; ta forme parfaite paralyse les mains, et les esprits oublient en te voyant. Ô FORME UNIQUE, qui a créé tout ce qui est, L’UNIQUE DES UNIQUES, qui a fait ce qui existe ; les hommes sont issus de ses yeux, les dieux, par sa parole, sont venus à l’existence. Ô [toi], l’auteur des pâturages, qui fais vivre toutes les bêtes, [créateur] de la plante de vie destinée aux hommes, [toi] qui entretiens la vie des poissons de la rivière et des oiseaux dans le ciel, qui donnes le souffle à celui qui est encore dans l’oeuf, nourrissant les oiseaux et les êtres qui volent, les serpents et les insectes de même, pourvoyant aux besoins des souris dans leurs trous. donnant la vie aux puces...

Salut à toi, qui as fait cela en totalité, L’unique des uniques, aux bras nombreux, Veillant sur tous les hommes, passant son temps à rechercher ce qui peut être utile à son troupeau, Ô Amon, stabilisateur de toutes choses, Atoum, Horakhty. Les hommes te prodiguent des louanges, disant : "Nous exultons pour toi, car tu te fatigues à cause de nous, nous nous prosternons devant toi, car tu nous as créé". Salut et hommage pour toi, par ton troupeau entier ; les réjouissances sont pour toi en chaque pays étranger, jusqu’à la hauteur du ciel, sur la largeur de la terre, jusque dans les profondeurs de la Très Verte. Les dieux viennent courbés devant Ta Majesté, exaltant la gloire de leur créateur. se réjouissant à l’approche de celui qui les a engendrés : ils te disent : " Bienvenu ! Bienvenu dans la paix, ô père des pères de tous les dieux, qui as soulevé le ciel et repoussé la terre, qui as fait ce qui est et façonne ce qui existe. Ô souverain, chef des dieux, nous adorons ta gloire, car tu nous as créés, tu as oeuvré pour nous mettre au monde ; nous te prodiguons des louanges, car tu es las à cause de nous."

Salut à toi, auteur de toutes choses, maître de la vérité et de la justice, père

des dieux, auteur des hommes, créateur de tous les troupeaux, seigneur du grain ; qui fais vivre aussi les animaux du désert. Ô Amon, taureau au beau visage, aimé dans Karnak, (dieu) aux levers radieux dans le château du Benben, dont les diadèmes sont renouvelés en Héliopolis, juge des deux adversaires (Horus et Seth) dans la grande Salle [du jugement] ; ô [toi] qui présides à la grande Ennéade, l’unique des uniques, qui n’as pas son pareil et qui résides dans Karnak... dieu des deux horizons, Horus de l’Orient ; celui qui a créé le désert, l’argent, l’or, le lapis-lazuli véritable, de par sa volonté...

 

 

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